Ukiyoe-art Gallery: Estampes Japonaises
Japanese Fine Woodblock Prints
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Qu'est ce qu'une estampe Japonaise Originale
 Qu’est ce qu’une estampe Japonaise originale ?
La fabrication d'une estampe japonaise ne fait pas seulement intervenir l'artiste ; le dessin qu'il a réalisé n'est que la première étape d'un processus complexe, faisant appel à plusieurs intervenants (l'artiste, l'éditeur, le(s) graveur(s), le ou les imprimeurs). Un travail de long haleine et couteux.
La connaissance de quelques points de cette fabrication est indispensable pour bien comprendre ce qu'est une « estampe japonaise originale » :
  • chaque estampe imprimée à partir des plaques de bois gravées originales est un original, et il n'y a pas d'autre œuvre originale : le dessin préparatoire d'origine (le shita-e, « l'image de dessous »), réalisé par l'artiste lui-même est généralement totalement détruit par le processus de gravure de la planche portant les traits de contours. Qui plus est, même lorsque le dessin original est conservé (en général parce que l'artiste a fait graver une autre version du dessin), il est fréquent qu'il ne paraisse pas « terminé », et qu'en particulier, il ne porte aucune couleur ; on trouve aussi des dessins originaux comportant des empiècements de morceaux de papier découpés, puis collés sur les parties à corriger, qui sont les repentirs de l'artiste;
  • ce n'est pas l'artiste lui-même qui grave les plaques de bois originales, mais un graveur très expérimenté( Par exemple, on sait qu’Hokusai a demandé expressément Egawa Tomekichi comme graveur pour son « Fugaku Hyakkei»,( L’album des cents vues du Mont Fuji ) ainsi que pour son douzième volume de son manga. , qui peut être connu de l'artiste, qui supervise personnellement l'édition en tout état de cause. Toute regravure ultérieure de l'œuvre, effectuée sans la supervision de l'artiste, ne sera donc pas un original, quelle que soit sa qualité d'exécution. En revanche, le succès de certaines estampes (telles que la série du Tokaido d'Hiroshige de l’editeur Hoeido) a pu être tel qu'il a nécessité plusieurs regravures voulues par l'artiste, d'ailleurs pas toujours identiques ;
  • ce n'est pas le graveur qui va imprimer les estampes finales, aboutissement du processus, mais des artisans spécialisés, utilisant le baren (tampon de bambou servant à frotter le papier sur la planche encrée) et le kento (pour s'assurer que chaque planche vient exactement s'imprimer à sa place, sans mordre sur les autres) ; l'impression des différentes couleurs se fait dans un ordre précis, pouvant impliquer jusqu'à une dizaine d'impressions successives, en commençant par le noir ;
  • il peut exister plusieurs versions originales d'une même estampe ( par exemple deux versions d’une même œuvre à cause de la censure ( Utamaro a ainsi changé plusieurs fois le cartouche de ses œuvres, au début la censure autorisait le nom des modèles, puis non et donc l’artiste faisait deviner à l’acheteur le nom du modèle grâce à un rebus dans le cartouche, puis la censure interdit les rebuts, etc...) . Les variantes de l'arrière-plan d'une estampe sont fréquentes.
Le premier tirage de l'estampe se poursuit jusqu'à ce que l'usure du bois commence à donner des traits moins nets et des repères de couleurs moins exacts ; l'édition originale est alors en principe terminée, ce qui peut représenter un total de l'ordre de trois cents estampes environ. Cependant, la résistance du bois permet des tirages beaucoup plus importants dans des conditions acceptables de qualité (comme on le voit sur des retirages modernes) et, dans la mesure où les estampes de la toute première série n'étaient pas physiquement identifiées, on ne peut pas aujourd'hui connaître, ni le rang d'édition d'une estampe, ni l'importance réelle du tirage.
Les artistes du mouvement Sosaku-hanga ( à partir du XXème siècle) ont commencés à graver eux-mêmes leurs blocs et imprimé leurs propres estampes. L'artiste était ainsi plus indépendant et plus libre dans sa création artistique.