Ukiyoe-art Gallery: Estampes Japonaises
Japanese Fine Woodblock Prints
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Fabrication d'une estampe Japonaise
Estampes Japonaises :
 
L’ « Ukiyo-e » ou « image du monde flottant est né au milieu du XVII siècle au sein de la culture urbaine et bourgeoise de la capitale shogunal, Edo, devenue Tokyo en 1868.
I Comment est réalisé une estampe Japonaise ?
La technique de réalisation de ces estampes consiste en une gravure sur bois : le dessin original au pinceau, le shita-e, est pratiqué sur une feuille de papier résistant très fin appelé minogami, collée à l'envers sur une planche de bois assez tendre (souvent du cerisier, parfois du poirier, souvent coupée dans la tranche du tronc - pour plus de résistance aux tirages multiples - ce qui explique les limites du format ōban). Cette planche matrice va être creusée à la gouge pour ne laisser en relief que les traits du pinceau. De là on tire autant de feuillets en noir et blanc qu'il faudra de couleurs. L'artiste détermine sur chacun des feuillets la couleur correspondant à des surfaces de vêtements, de feuillages, de mers, de montagnes, etc...
On grave ensuite de la même façon, à partir des feuillets en noir, des planches différentes correspondant à chaque future couleur. On imprime la feuille de papier (papier hōsho) à estamper en l'appliquant successivement (dans un ordre déterminé par l'artiste) sur chaque planche dérivée de la première, repérée sur elle, mais encrée d'une couleur différente, et on frotte légèrement le papier humide avec un tampon spécial "baren"de fibres (extérieur en feuille de bambou), ce qui requiert beaucoup d'expérience de la part des graveurs et des imprimeurs.
Par superposition de couleurs transparentes (végétales ou minérales), on peut obtenir une grande subtilité dans les tons à partir d'un nombre de couleurs limité. Du jaune sur de l'indigo plus ou moins foncé produit un vert, si l'on y surajoute la planche des ocres à certains endroits, ces endroits prendront une teinte vert-olive foncé, etc.
Parfois la planche des noirs est utilisée pour le repérage des couleurs, sans être imprimée en noir, ce qui produit un effet d'aquarelle à l'occidentale. Pour les effets de neige, on réserve le blanc du papier, on y ajoute des paillettes de mica( Par exemple les portraits d’acteurs de Sharaku ou bien les portraits de jolies femmes d’Utamaro), on gaufre certains endroits avec une planche non encrée. L'habileté de l'imprimeur en appuyant plus ou moins avec son tampon, produit les effets de dégradés si souvent exploités pour la mer, le ciel, les gris des arrière-plans de neige, les brouillards. La pluie était tantôt figurée par des rayures noires, tantôt réservée, tantôt surajoutée en encre blanche, tantôt encore suggérée par des balayures de couleur (par exemple Shōno, dans la série « Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō » d’Hiroshige). Cela supposait entre peintre, graveur et imprimeur une intime complicité artistique. Ceux de l'éditeur Hoeidô ont soigné particulièrement leur travail lors de la première édition du « Grand Tokaido » et montré une grande habileté. Hiroshige était passé maître, comme Hokusai et leurs contemporains, dans l'exploitation de ces subtilités, que viendront compliquer encore, après le relatif délaissement des couleurs végétales aux teintes fragiles, l'emploi de couleurs opaques à l'aniline et des colorants azoïques venus d'Occident, à partir de 1829 (date à partir de laquelle le bleu de Prusse est importé en grande quantité pour les estampes).
Ces reproductions sur bois gravé étant d'un coût unitaire relativement faible, car la production en petite série en était assez aisée. Mais les planches s'usaient vite, l'on tirait donc d'avance plusieurs fois chaque planche sur papier minogami, avant les premières épreuves « commerciales », afin de regraver des bois neufs pour des tirages ultérieurs. Cela explique pourquoi la première édition, gravée à partir du dessin de l'artiste, a souvent plus de finesse que les éditions ultérieures, même soignées, regravées à partir du trait plus épais, moins « sensible », des épreuves de sauvegarde en noir et blanc, dont le noir a parfois un peu bavé.
A cette occasion, avant le retirage, il arrivait que l'artiste retouche l'estampe pour en améliorer la composition : par exemple la première estampe et point de départ (Nihonbashi) de la célèbre série des cinquante trois stations du Tokaido par l’editeur Hoeido où deux versions différentes existent, comme dans quelques autres planches de la série. On trouve même trois variantes différentes dans certains cas, et la version de départ n'est pas toujours la plus réussie. Pour satisfaire le plus grand nombre d'amateurs, les peintres variaient les formes et les sujets : scènes de la vie quotidienne à Edo, vues de sites célèbres, sujets historiques, paysages, fleurs et oiseaux, illustrations érotiques.
A l'époque de cette brillante civilisation d'Edo,  une estampe coutait le meme prix qu 'un bol de nouilles soba ( Nouilles Soba)